L’allergie au lait de vache

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Les symptômes

L’allergie aux protéines de lait de vache, dite en abrégé « APLV », se manifeste de deux manières :

  • par des problèmes cutanés :
    C’est la manifestation qui permet d’identifier clairement cette allergie. Votre enfant présente alors des plaques d’urticaire (boutons ressemblant fortement à ceux provoqués par des piqûres d’ortie), peu de temps après avoir bu un biberon ou absorbé un laitage.
    A long terme, votre petit peut aussi présenter de l’eczéma, surtout si le terrain génétique s’y prête.
  • par des problèmes digestifs :
    Cette forme de troubles liés à l’allergie aux protéines de lait de vache est plutôt sournoise, car les troubles de la digestion chez le tout-petit sont fréquents et peuvent être causés par bien des facteurs (coliques du nourrisson, gastro-entérites…). Le diagnostic de l’APLV est plus alors compliqué et il faut parfois des semaines avant de le poser.

Ces symptômes sont essentiellement provoqués par les protéines du lait de vache, mais aussi par d’autres laits d’origine animale (chèvre, brebis, jument…). Le corps déclenche une réaction allergique au niveau des intestin ou de la peau.
Il ne faut pas hésiter à demander l’avis de votre médecin dans les cas suivants :

  • si votre bébé présente des plaques rouges ou des démangeaisons,
  • s’il a de l’eczéma qui rougit après l’absorption de lait de vache,
  • s’il régurgite ou vomit plus fréquemment que d’habitude (vomi en jets juste après le biberon),
  • s’il présente régulièrement des coliques ou une diarrhée dans les heures qui suivent son repas,
  • s’il alterne des phases de diarrhée et de constipation (transit irrégulier),
  • s’il est constamment irritable.

Terrain héréditaire

L’allergie aux protéines de lait de vache trouve bien souvent un terrain héréditaire. Si un des parents ou les deux ont été sujets à cette allergie, il est probable que leur enfant puisse hélas lui aussi y être sujet. Surveillez votre nourrisson et n’hésitez pas à consulter dès que vous avez un doute !

Les éventuelles complications

Non traitée, l’allergie aux protéines de lait de vache peut causer des lésions au niveau des intestins, pour les formes digestives de l’allergie. Les nutriments issus des aliments peuvent être moins bien absorbés par l’organisme.
Au niveau cutané, la peau peut être irritée par de l’urticaire à répétition ou des plaques d’eczéma, parfois suintantes (lymphe).

Une fois diagnostiquée, que faut-il faire ?

Une fois l’allergie diagnostiquée, votre médecin vous donnera des recommandations relatives sur la conduite à tenir : éviction du lait de vache sous toutes ses formes (lait, yaourts, desserts lactés, crème, beurre…) ; dans les cas les plus graves, il se peut même que votre enfant ne puisse plus manger pendant quelques temps de viande de bœuf ou de veau par exemple, car ces viandes contiennent aussi des protéines bovines, prescription d’un autre lait en poudre, de médicaments anti-histaminiques et de crèmes pour la peau…

  • Si votre enfant est allaité :
    L’OMS recommande l’allaitement exclusif durant les 6 premiers mois de la vie. En effet, le lait maternel est le lait le plus adapté aux besoins du bébé et protègerait des allergies. Si vous pouvez et comptez poursuivre au-delà, c’est tant mieux car c’est ce qu’il y a de meilleur pour l’enfant !
    Cependant, si la maman consomme des produits laitiers à base de lait de vache, il se peut que son enfant y réagisse indirectement via le sein, car il absorbe une partie de ce que mange sa mère. Dans ce cas, celle-ci doit diminuer voire arrêter complètement la consommation de ces produits et les remplacer par d’autres laitages, moins pathogènes. C’est l’occasion de découvrir les nombreux fromages de chèvre ou de brebis et de diversifier les desserts lactés avec des fromages blancs ou des yaourts de brebis ou de chèvre, par exemple. Il se peut aussi que ces laitages « alternatifs » provoquent encore des complications : on peut envisager dans ce cas de se tourner vers des produits d’origine végétale riches en calcium (amandes, sésame…). Si vraiment les problèmes persistent, il vaut mieux consulter un spécialiste, qui prescrira le cas échéant des compléments en calcium pour la mère.
  • Si votre enfant est au biberon :
    Si jusque-là, l’enfant est nourri avec un lait en poudre à base de lait de vache, votre médecin vous prescrira un lait hypo-allergénique ou un hydrolysat de protéines de lait de vache. Ces laits sont en partie remboursés par la Sécurité Sociale (souvent à hauteur de 50%). Ils ont une odeur différente des autres laits et un goût très spécial, du fait de la structure des protéines du lait, qui ont été « cassées » pour permettre au corps de les absorber sans réagir.
    Il faut éviter de remplacer le lait infantile par du lait de soja à un enfant APLV : le soja est souvent très allergisant pour les enfants déjà sujets à l’allergie au lait de vache ! Pour les laitages de brebis ou de chèvre, il vaut mieux attendre que l’enfant ait au moins 12 mois : ceux-ci peuvent aussi être allergènes, mais passés un certain âge, le système digestif du bébé est plus mature et peut accepter ces laitages. Dans tous les cas, et c’est valable pour tout nouvel aliment introduit, soyez toujours très prudent quand vous donnez un nouveau produit à votre tout-petit !

Il faut aussi penser à bien relire les étiquettes des petits pots pour bébé pour éviter le lait de vache et ses dérivés (crème, beurre). Prévenez la crèche ou la nounou : fournissez des photocopies justificatives des ordonnances et des mesures d’éviction écrites par votre médecin. Si votre tout-petit est en crèche, il vous faudra sûrement prendre rendez-vous avec le pédiatre de l’établissement, notamment pour déterminer ce que votre enfant peut manger lors des repas fournis par la structure d’accueil.

Le test de réintroduction

Les médecins attendent en général 6 mois avant de tenter un test de réintroduction du lait de vache. Celui-ci se réalise en milieu hospitalier, en service d’allergologie. Il consiste à donner des doses croissantes et progressives, à intervalles réguliers, de lait ou de yaourt de vache.
Si tout se passe bien, votre enfant peut de nouveau consommer des produits laitiers issus du lait de vache, à raison d’un yaourt par jour pendant une semaine ou deux (une semaine pour la forme cutanée de l’allergie et deux semaines pour la forme digestive). Ensuite, si tout se passe vraiment bien, il n’y a pas plus de restrictions et il peut adopter un régime libre. Autrement dit, c’est un calvaire qui prend fin pour tout le monde !

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